Pour une fois, nous ne nous réunissions pas pour soutenir des militants convoqués au commissariat ou au tribunal, mais pour nous associer à cet hommage qui est rendu à Théo, Bastien, Éléonore, Mathieu, Benoit, Jean-Luc et Lisa, pour leur solidarité active avec les exilés qui essayent de trouver de meilleures conditions de vie et une protection dans notre pays.
A travers eux, c’est bien l’action de centaines de solidaires du Briançonnais qui est ainsi reconnue et honorée. Et au-delà, ce sont tous les solidaires partout en France et dans de nombreux pays.
De simples actes de solidarité, d’humanité sont devenus, de fait, des actes politiques, une critique claire de la politique migratoire, tant française qu’européenne, et des pratiques, bien souvent contraires à la loi.
Cette politique européenne qui fait tout pour empêcher les migrants de quitter leur pays, déploie aussi des moyens considérables pour leur bloquer l’entrée chez nous, sans réelle efficacité, mais avec toujours plus de souffrances, de maltraitance pour eux. En 2017, la France a été la championne européenne des refus d’entrée aux frontières terrestres, renvoyant massivement des personnes en quête de protection.
Le non-respect de la dignité et des droits fondamentaux des personnes migrantes est devenu une composante à part entière de la politique migratoire en France et en Europe. La Cimade affirme qu’une autre politique migratoire est possible.
Paroles solidaires internationales
Avec Tous Migrants, la Cimade et d’autres collectifs et associations, des personnalités d’horizons très variés ont tenu à être présentes et à exprimer leur préoccupation pour le délit de solidarité :
- Pilar Selek, écrivaine et sociologue (France, Turquie)
- Dick Marty, ancien procureur du Tessin, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (Suisse)
- Don Giusto de la Valle, prêtre et lauréat 2017, pour son accueil solidaire à Côme (Italie)
- lecture du texte de soutien de Domenico Lucan
o, maire de Riacce. - Benoît, un des 7 lauréats, qui s’est adressé directement aux forces de l’ordre présentes : « Ce n’est pas un jeu »
Plus d’infos avec Alpernatives
Hommage à Tamimou Derman, mort de froid à la frontière
L’assemblée s’est enfin rendue à l’endroit où le jeune migrant est mort de froid et d’épuisement la nuit du 6 au 7 février 2019 pour y déposer un gerbe.
Cette nuit-là, pourtant, des maraudeurs solidaires étaient dans les parages.
Auteur: Région Sud-Est

