Ni précarité, ni expulsion, régularisation !
La mobilisation contre la loi Immigration s’est poursuivie samedi 3 février, rassemblant « un large front », selon La Provence : La Cimade, avec la Coordination des Acteurs de l’Accueil des Étrangers, des partis politiques, des associations.
Déclaration de la Coordasso
Les associations regroupées en collectif – Coordination des Associations d’accueil des Étrangers » , dont fait partie la Cimade, ont pris la parole.

« Pour un accueil et une intégration dignes et solidaires !
Un certain nombre de dispositions de la loi Asile Immigration, votée le 19 décembre 2023, ont été censurées par le Conseil Constitutionnel.
Mais ce qui en reste est l’une des pires lois anti-immigrés de la Ve République, une loi qui facilitera grandement les conditions d’expulsion, qui ne respecte pas les droits fondamentaux, qui rendra plus précaire l’accueil des réfugiés et plus difficiles leurs conditions de vie, pas seulement des personnes sans-papiers, mais de l’ensemble des personnes d’origine étrangère.
Le Conseil constitutionnel est satisfait : il a fait son travail. L’exécutif est satisfait : il a sa loi. Les commentateurs de tous bords sont satisfaits : les uns pensent tenir là l’occasion de crier haro sur la Constitution, les autres de crier victoire après « une large censure » de la loi.
Alors que cette loi aura des conséquences désastreuses pour le quotidien des personnes étrangères !
- Un droit au séjour désintégré par des dispositions qui en limitent drastiquement l’accès, le mettent en sursis permanent ou en dégradent les conditions d’exercice,
- Des familles qui voleront en éclats à cause de la perte du droit au séjour de l’un de leurs membres, accusé d’une « menace pour l’ordre public », qui risque d’être utilisée de façon généralisée,
- Des obligations de quitter le territoire ouvrant la voie à la traque policière pendant trois ans,
- Un arsenal répressif toujours plus fourni, avec la banalisation de la « double peine » d’interdiction du territoire,
- Un parcours toujours plus restrictif et expéditif pour les demandeurs d’asile, privés de leurs droits au moindre accident et, pour nombre d’entre eux, assignés à résidence ou placés en rétention avant même d’avoir pu déposer leur dossier,
- Qui se souvient que le gouvernement prétendait « intégrer par le travail » en donnant un titre de séjour d’un an aux sans-papiers travaillant dans les métiers en tension ? Il ne reste rien de ce dispositif : là encore c’est l’arbitraire des préfets qui fera loi !
Pour sortir de cette impasse, il faut abroger cette loi et changer notre vision des questions migratoires :
- L’instrumentalisation politique sur le dos des personnes migrantes doit cesser !
- La sensibilisation, la mobilisation et la résistance face à cette loi restent plus que jamais urgentes ! »
D’autres organisations ont pris ensuite la parole : La Libre pensée, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), La France Insoumise (LFI), le Front Uni des Immigrés et des Quartiers Populaires (FUIQP) …
Auteur: Région Sud-Est




