Communiqué de presse
Dès leur arrivée sur le sol français à La Réunion, au Port, les huit demandeurs d’asile qui ont traversé l’Océan Indien à bord d’un bateau de pêche, ont été privés de liberté et enfermés dans la zone d’attente de l’aéroport de Gillot à Saint-Denis. Enfermer plutôt que protéger semble être la devise des autorités.
Manifestement, les personnes ont fui leur pays et pris des risques en mer pour demander la protection à la France. Il est donc très probable qu’ils aient tenté d’exprimer leur volonté de demander l’asile. La Cimade n’est pas habilitée à intervenir en zone d’attente et n’a pas rencontré les personnes, mais d’après les informations recueillies par la presse, cette situation opaque soulève plusieurs interrogations :
- Les personnes ont-elles été accompagnées d’interprètes dans la procédure ?
- Ont-elles été informées de leurs droits ?
- Ont-elles été en mesure de déposer une demande d’asile ? de faire un recours contre le refus d’entrée sur le territoire au titre de l’asile sous 48 heures ? L’effet suspensif de ce recours a-t-il été garanti ?
Enfin, il semblerait qu’une personne était mineure et non accompagnée. La loi prévoit qu’il soit dans ce cas nommé un administrateur ad’hoc pour l’accompagner dans la procédure. Aucun élément ne semble indiquer que tel a été le cas.
La précipitation avec laquelle la police aux frontières et la préfecture de La Réunion ont mis en œuvre l’expulsion de ces personnes inquiète fortement La Cimade, notamment sur la violation éventuelle du principe de non-refoulement des demandeurs d’asile.
Auteur: Service communication